DU PLAN DE PARTAGE DE 1947 AU PLAN «ALLON PLUS» DE 1997 - La terre de Palestine confisquée

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En janvier [1997], le chef de la fraction parlementaire du Likoud, M. Michaël Eitan, et l’ex-ministre Yossi Beilin, un des principaux dirigeants du Parti travailliste, concluaient un « accord national concernant les négociations sur le règlement final avec les Palestiniens ». Ce document s’inscrivait dans la logique du texte contresigné, en mars 1996, par M. Yossi Beilin avec le négociateur palestinien Abou Mazen (Mahmoud Abbas), avec cette concession palestinienne cruciale : Israël pourrait incorporer les implantations où vivent 70 % des colons juifs, laissant 94 % de la Cisjordanie sous une autorité palestinienne dotée des apparences d’un Etat. Jérusalem-Est demeurerait sous souveraineté israélienne, mais les Palestiniens pourraient proclamer leur capitale, Al Qods, à Abou Dis, une banlieue située à l’est de Jérusalem.

L’acceptation par les Palestiniens de la thèse selon laquelle les colonies ne seraient pas incompatibles avec un compromis territorial a représenté un jalon sur la voie d’une réduction drastique de leurs aspirations territoriales dans l’accord Beilin-Eitan. Elle a poussé le gouvernement de droite israélien à revendiquer plus de 50 % de la Cisjordanie et à y exiger le maintien de toutes les colonies.

Peu après, un journal révélait le contenu de la carte intitulée « Allon Plus » (4), que le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou aurait montrée au président américain William Clinton, à Washington, afin de lui indiquer quels territoires devraient demeurer israéliens pour des raisons de sécurité. La carte en question n’est guère que la traduction fidèle du statut final envisagé par l’accord Beilin- Eitan : « Diviser également la Cisjordanie, pour moitié sous contrôle israélien, pour moitié sous contrôle palestinien. Les villes, les villages et environ 99 % de la population seraient sous contrôle palestinien (5). » Avec quelques adaptations mineures (autour des colonies de Elon Moreh et de Eli-Shilo), la ligne de partage de la carte « Allon Plus » suit précisément la plupart des terres expropriées par Israël depuis les accords d’Oslo, Kiryat Arba et Talmon étant les seules grandes colonies à rester entourées de territoires palestiniens - mais leurs routes de contournement sont pratiquement terminées. De quoi justifier les craintes exprimées par des porte-parole palestiniens, redoutant que les conditions ne soient réunies pour un dernier cycle de confiscation, sur la base de l’option « Allon plus », dont il serait difficile de nier les proportions catastrophiques.

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